Discours de M. l’Ambassadeur Dobelle aux anciens lycéens des sections norvégiennes

A l’occasion d’une réception organisée à la résidence de l’Ambassade de France en Norvège, M. l’Ambassadeur Jean-François Dobelle a tenu à rappeler l’importance de la coopération franco-norvégienne en matière d’éducation.

Discours de M. Jean-François Dobelle à la réception de l’association des Anciens,
vendredi 26 janvier 2017

Madame la Présidente, chers Anciens, chers amis,

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir ce soir à la Résidence de France. C’est la première fois que j’ai ce plaisir depuis ma prise de fonctions en mars dernier, même si j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs d’entre vous à diverses occasions.

Il existe traditionnellement un contact très étroit entre cette Ambassade (et ses différents services) et les « Anciens » des sections norvégiennes de Rouen, Bayeux et Lyon. Je compte bien entretenir et développer encore cette relation. J’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de saluer la nouvelle génération, les futurs « Anciens », l’été dernier, lors du stage organisé pour les nouveaux partants à l’Institut français de Norvège.

Le contexte est particulièrement favorable : 2018 sera en effet l’année du centenaire de la création de la section norvégienne du Lycée Pierre Corneille à Rouen. Il s’agit d’un événement d’importance, et je sais que vous travaillez déjà à sa préparation. Cette ambassade participera pleinement à cet anniversaire, et nous souhaitons même aller plus loin : en accord avec nos collègues de l’Ambassade de Norvège en France, nous avons proposé de faire de 2018 une année de la coopération franco-norvégienne en matière d’éducation et de recherche. J’en ai très récemment parlé au ministre de l’éducation M. Isaksen qui a donné son accord de principe.

Qui mieux en effet que les sections norvégiennes en France peut être le symbole de ce que nous voulons tous ensemble promouvoir ?

- l’importance de la mobilité internationale pour les jeunes, afin d’étoffer leur parcours mais aussi d’enrichir leur personnalité ;
- l’importance de la découverte d’autres cultures ;
- l’importance de l’apprentissage d’une autre langue ;
- l’établissement de liens durables entre les pays, fondés sur des rencontres humaines et des coopérations professionnelles.

Les sections norvégiennes en France ont promu ces valeurs bien avant que la mobilité internationale ne devienne une pratique courante. Nous pouvons nous réjouir que ce type de mobilité se soit développé par la suite en Europe et que la construction européenne ait permis d’amplifier le mouvement : nous fêtons cette année les 30 ans d’Erasmus, qui est peut-être le programme le plus emblématique et le plus connu de la construction européenne.

Rien n’est cependant jamais acquis : à l’heure des crispations identitaires, à l’heure où la communication numérique peut paraitre prendre le pas sur les contacts humains, votre témoignage est plus que jamais précieux.

Beaucoup s’inquiètent ici en Norvège de la difficulté à promouvoir la mobilité des jeunes Norvégiens pendant leurs études ; beaucoup s’inquiètent également d’un relatif désintérêt pour les langues autres que l’anglais : la situation de l’enseignement du français est assez préoccupante à cet égard. Nous nous inquiétons également de la situation financière du Lycée français d’Oslo, autre symbole avec les sections norvégiennes des relations éducatives entre nos deux pays, et nous souhaitons que les autorités norvégiennes puissent nous aider à lui donner un cadre pérenne et stable.

Plus que jamais, il nous faut ensemble travailler à promouvoir les échanges entre nos pays. A nous de mieux communiquer sur l’intérêt d’apprendre le français, en insistant sur les points qui ne sont peut-être pas assez mis en valeur :

- il s’agit d’une langue utile, vous pouvez témoigner de l’intérêt professionnel de parler plusieurs langues et connaître plusieurs cultures ;
- il s’agit d’une langue qui ouvre des horizons, car la francophonie dépasse largement le seul cadre de la France avec 274 millions de francophones ;
- il s’agit d’une langue qui n’est pas plus difficile que d’autres…

Il existe des motifs d’espoir : exemple emblématique, les sections norvégiennes ont fait des petits et l’Institut français de Norvège gère depuis plusieurs années un programme équivalent dans 6 lycées professionnels en France : lundi, j’aurai le plaisir de remettre leur diplôme à 6 jeunes cuisiniers Norvégiens qui viennent d’obtenir leur baccalauréat mention cuisine après 3 années complètes passées en France.
Autres motifs de satisfaction : votre fidélité à ce rendez-vous, votre lien étroit avec la France et votre attachement au programme qui a marqué votre parcours. Je tiens à remercier ici votre association et les membres de son bureau. D’une part, vous entretenez entre les Anciens eux-mêmes un lien qui pourrait se distendre au fils des parcours personnels, professionnels et familiaux. D’autre part, et c’est particulièrement important, vous contribuez à promouvoir ce programme auprès des jeunes élèves des lycées norvégiens, et je me réjouis du travail mené avec SIU et l’Institut français de Norvège. Les portes de l’Institut vous sont toujours ouvertes, vous le savez, n’hésitez pas à les pousser !

Enfin, 2017 commence sous les meilleurs auspices pour la relation franco-norvégienne : mardi, une rencontre officielle entre nos deux premiers ministres est en effet programmée, l’occasion de faire le point sur l’ensemble de nos coopérations et peut-être même d’évoquer le centenaire de 2018…

C’est donc avec un certain sentiment d’optimisme que je vous souhaite une excellente année à toutes et à tous, ainsi qu’à vos proches.
Je vous remercie.

publié le 08/03/2017

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