Discours de l’Ambassadeur Duhamel à l’occasion du 14 juillet [no]

Discours de l’Ambassadeur de France en Norvège, Pierre-Mathieu Duhamel, prononcé à la réception du 14 juillet à la Résidence de France à Oslo.

Le discours a été prononcé en anglais et en norvégien. Vous trouverez la version originale sur notre page norvégienne.

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Mesdames et Messieurs,
Chers amis norvégiens,
Chers amis membres de la communauté diplomatique,
Mes chers compatriotes,
Kjære alle sammen

J’ai souhaité que nous nous réunissions aujourd’hui, certes parce que c’est une tradition pour nous, Français, mais aussi et peut-être surtout parce que nous ne nous sommes pas rencontrés pour beaucoup d’entre nous depuis longtemps et que j’ai pour ma part un grand plaisir à vous retrouver.

Mes progrès en Norvégien ont été lents ces derniers mois, parce que l’épidémie a interrompu mes leçons hebdomadaires et parce qu’avec la distanciation j’ai eu bien peu d’occasions de rencontre pour le pratiquer. J’ai tout de même appris un mot : dugnad.

Tel que je l’ai compris, c’est ce qui anime en Norvège les citoyens confrontés à des circonstances adverses exceptionnelles, un alliage de force d’âme, d’effort collectif et d’attention de chacun envers la communauté. J’aurais voulu vous livrer la traduction de ce mot dans notre belle langue française, mais elle n’existe pas. Il faut probablement que nous travaillions sur la notion elle-même.

Le résultat, c’est que la Norvège, a traversé cette période difficile en limitant au mieux ses effets tant sur la santé de chacun de nous, que nos conditions d’existence quotidienne en Norvège. Il faut saluer les efforts combinés des autorités
norvégiennes et le comportement des citoyens.

Au-delà de ce constat, je ne vais certainement pas vous infliger de longues considérations sur les leçons à tirer d’une crise qui n’est d’ailleurs pas terminée, la crise sanitaire est encore forte dans de nombreuses parties du monde, la crise économique et sociale qu’elle a déclenchée ne fait que commencer.

Permettez-moi seulement de vous faire part de deux convictions
profondes. La première concerne le rôle de la communauté internationale
face à la pandémie. C’est bien la mobilisation de cette
communauté qui nous permet aujourd’hui d’espérer lutter
efficacement contre l’épidémie, limiter le nombre de ses
victimes et finalement l’éradiquer.

Dans cet esprit, nous marquons notre plein soutien à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour coordonner la gestion de la crise sanitaire et, plus généralement, à l’Organisation des Nations Unies et aux autres organisations internationales et régionales pour apporter une réponse mondiale coordonnée et cohérente aux conséquences socio-économiques plus larges de la crise.

Nous soutenons en particulier le travail de l’Organisation mondiale de la santé, des fonds multilatéraux en santé (GAVI, Alliance pour le vaccin, Unitaid, Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme) et d’autres acteurs
publics et privés, afin d’accélérer le développement et l’accès équitable et universel aux thérapies, diagnostics et vaccins, ainsi que le renforcement des systèmes de santé, notamment dans les pays les plus vulnérables, grâce à l’initiative Access to CoViD-19 Tools Accelerator.

En cette période éprouvante, donc, nous n’avons pas besoin de moins de coopération internationale et moins d’institutions internationales, nous en avons besoin de plus.
Ma seconde conviction concerne l’Europe.

Pendant cette crise, l’Europe a été au rendez-vous. C’est bien l’Europe qui a permis la libre circulation des biens et des équipements médicaux, nécessaire à la lutte contre l’épidémie, en veillant à l’étendre à la Norvège et aux autres pays membres
de l’EFTA. C’est encore l’Europe qui a lancé des appels d’offres communs pour que les établissements hospitaliers puissent disposer de ces mêmes équipements, là encore en incluant les pays membres de l’EFTA.

La mobilisation européenne a sauvé des vies. Des hôpitaux allemands, suisses, luxembourgeois et autrichiens ont accueilli des patients français et italiens. La France et l’Allemagne, avec d’autres, ont envoyé du matériel médical en Italie et dans
d’autres pays. Des personnels de santé norvégiens et roumains sont allés en Italie pour contribuer à soigner les patients.

L’Union européenne a également conclu un partenariat avec la Norvège pour ramener les résidents bloqués à l’étranger. Les avions allemands ont rapatrié des citoyens français et norvégiens et vice versa : que ce soit du Ghana, du Pérou, du Nigéria, de la Nouvelle-Zélande, d’Argentine et d’Égypte ou des bateaux de croisière. Cette notion de solidarité sera également cruciale pour lutter contre les conséquences sociales et économiques de la pandémie.

Il est clair, pour moi, que nous n’avons pas à faire face à vingtsept crises distinctes, mais à une seule, qui affecte le marché unique en tant que tel, intégré, et tous ceux qui en dépendent pour l’activité, l’emploi et la prospérité. Cela vaut également pour la Norvège, dans le cadre de l’économie européenne : 73% des exportations norvégiennes sont destinées au marché européen.

A l’avenir, qu’il s’agisse de prévoir ou de gérer les crises,
d’assurer notre prospérité ou de maintenir notre sécurité, nous
n’avons pas besoin de moins d’Europe, nous aurons besoin de
plus d’Europe. Une Europe souveraine, unie et démocratique.

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La célébration du 14juillet a également été l’occasion de remettre la médaille d’argent de la Défense nationale à Solveig Krey, commodore de la Marine norvégienne

publié le 16/07/2020

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