Discours du 14 juillet 2017

A l’occasion de la réception donnée à la résidence de France pour la fête nationale, M. l’ambassadeur Jean-François Dobelle a prononcé son discours du 14 juillet.

Mesdames, Messieurs,
Chers collègues,
Chers compatriotes,
Chers amis norvégiens,

C’est pour moi un honneur et un plaisir de vous recevoir à la résidence de France à l’occasion de mon second 14-juillet en Norvège. Les liens entre la France et la Norvège sont étroits : ils se sont sensiblement approfondis ces dernières années et ont vocation à s’intensifier encore, dans le cadre d’un partenariat stratégique entre nos deux pays.

Je rappellerai tout d’abord que nos deux pays partagent les mêmes valeurs qui puisent largement leurs racines dans les fondements et les idéaux de la Révolution française. Le 14-juillet, nous célébrons certes la prise de la bastille, mais aussi la fête de la fédération qui s’était déroulée sur le Champ de Mars à Paris et qui devait marquer l’apogée de la première phase de la Révolution, la plus glorieuse et la moins sanglante.

La Norvège comme la France partagent les mêmes aspirations, notamment la consolidation de la paix et de la sécurité. La Norvège et la France doivent par ailleurs plus que jamais relever les mêmes défis, à l’échelle européenne et internationale :
- la lutte contre le terrorisme, à commencer par celui alimenté par le djihadisme qui, voici juste un an, avait frappé cruellement la ville de Nice, quelques heures à peine, après la célébration de notre fête nationale ici même par une belle journée d’été, et qui a depuis, hélas, ensanglanté plusieurs capitales ou villes européennes au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suède et en Turquie. L’islam radical, qui frappe tous les jours plusieurs continents, n’est inspiré que par le fanatisme, l’ignorance, à commencer par celle de l’Islam, la haine pour autrui, et une fascination morbide pour la mort ;
- la maîtrise des flux migratoires qui sont la conséquence directe de ces fléaux que sont la guerre, le terrorisme et l’extrême pauvreté, auxquels continuent à être en proie tant de régions du globe, en particulier au Proche et Moyen-Orient, et en Afrique subsaharienne, mais aussi en Asie, parfois depuis plusieurs décennies ;
- la sécurité du continent européen, le long de ses flancs septentrional, oriental et méridional ;
- le changement climatique, et l’avenir de l’Accord de Paris, dont l’annonce du retrait américain ne doit surtout pas retarder la mise en œuvre, car il y va de l’avenir de l’humanité.

La qualité exceptionnelle de nos relations, empreintes d’estime, de confiance et d’amitié, s’est illustrée depuis mon arrivée par quatre rencontres entre nos deux Ministres des Affaires étrangères, par un entretien à Paris, en janvier dernier, entre les deux Premiers Ministres, ainsi que trois visites ministérielles en Norvège. La relation entre nos deux pays n’est pas seulement d’ordre politique ou militaire ; elle est aussi d’ordre économique

Je souhaiterais ici saluer la résilience de l’économie norvégienne, dont les fondamentaux demeurent solides en dépit de la chute spectaculaire des cours pétroliers depuis 2015. Je rappellerai ici pour mémoire que la France importe près de 40% de son gaz de la Norvège et que Total, qui prévoit la mise en service en 2019 du nouveau champ pétrolier Martin Linge en Mer du Nord, et qui par ailleurs s’implique dans des projets sur la capture et le stockage du carbone en Norvège, reste le premier investisseur étranger dans ce pays. Je me félicite aussi de l’importance des investissements norvégiens en France, qu’ils proviennent de SAPA, de Marine Harvest, de Yara, de Schibstedt, de Norske Skog ou de Kverneland pour ne prendre que quelques exemples qui concernent des domaines aussi diversifiés que le saumon, l’aluminium, les engrais, le matériel agricole, le bois ou les petites annonces. Je voudrais encore féliciter Business France ainsi que la Chambre de commerce franco-norvégienne pour l’excellence de leur relation, et leur contribution à la promotion des secteurs d’avenir, qu’il s’agisse de l’économie numérique, des énergies propres ou des industries marines.

La qualité de notre relation s’illustre aussi par notre coopération dans le domaine culturel, universitaire et scientifique. Je voudrais tout d’abord souligner que 2018 sera l’année franco-norvégienne de la coopération éducative et scientifique. Je voudrais aussi rappeler la chance qui est la nôtre de disposer à Oslo de deux vecteurs privilégiés pour divulguer la culture et la langue françaises.
- D’un côté le Lycée français René Cassin, qui scolarise environ 600 élèves, dont les 2/3 ont la nationalité norvégienne, de la maternelle à la terminale, et dont l’excellence a été une nouvelle fois prouvée par les excellents résultats obtenus cette année encore au baccalauréat, puisque l’on compte 100% de réussite, 94% de mentions, 47% de mentions "très bien". Qu’il me soit permis de féliciter une fois encore les bacheliers et leurs parents, mais aussi les enseignants et le proviseur du lycée. Puisque je mentionne le lycée, je voudrais remercier les autorités norvégiennes pour le geste très significatif auquel elles ont récemment consenti s’agissant de son financement, étant entendu qu’il faudra mettre à profit l’année qui vient pour poser les jalons du futur cadre juridique et financier à même d’assurer la pérennité de l’établissement.
- De l’autre, l’Institut français d’Oslo qui dispose de superbes locaux fort conviviaux, qui se prêtent parfaitement à des manifestations culturelles variées, notamment des expositions et des conférences. Je me réjouis également des bons résultats du centre des cours de langue de l’Institut.

Je voudrais également saluer l’action des différents réseaux d’anciens élèves norvégiens ayant effectué une partie, sinon la totalité, de leur scolarité en France ou dans des établissements français, et me féliciter du lancement à la Résidence de France, le 15 juin dernier, de la plateforme des Alumni de Norvège.

Dans le domaine de la coopération culturelle et artistique, je voudrais tout d’abord me réjouir de la tenue en avril dernier du séminaire « Culture et Société » qui a permis de procéder à un échange de vues très riche sur la dimension politique de l’action culturelle, la pluralité des cultures et la place du débat d’idées. Je voudrais également rappeler la contribution de la France à Oslo Freedom Forum en mai dernier. Comme vous savez, la Franc est très attachée au cinéma, l’une de ses industries culturelles les plus importantes. A cet égard, je salue le succès de la fusion du Festival Rendez-Vous Med - Franske Filme dans une nouvelle initiative norvégienne, Oslo-Pix, ce qui a permis de tripler notre audience.

Je voudrais enfin annoncer la venue prochaine du Ballet de Lorraine pour l’ouverture du festival de danse CODA, et le Prix français qui sera alloué à un artiste norvégien le 16 septembre prochain, à l’occasion du salon d’automne, à la Kunstnernes Hus. L’heureux lauréat pourra résider trois mois à Paris en 2018.

Je ne saurais non plus passer sous silence l’excellence de notre coopération scientifique. Les 12 et 13 octobre prochain se tiendra à l’Université de Trondheim un séminaire sur le Big Data, les réseaux d’énergie et le développement durable, au financement duquel Sintef a bien voulu contribuer. Je souhaiterais aussi me féliciter du succès de la mission qui s’est tenue à Nantes début mars grâce à la contribution de la Chambre de commerce franco-norvégienne et de l’ambassade sur le thème de l’entreprise du futur, en présence de plusieurs universitaires norvégiens.
Il me faut encore saluer la communauté française de Norvège, qui, forte de plus 5.000 personnes, se caractérise par son dynamisme, son sérieux, sa jeunesse, et sa bonne intégration dans la société locale. Que nos compatriotes sachent que moi-même, et tous mes collaborateurs serons toujours à leur service et à leur écoute.

Avant de conclure, je voudrais souligner que la France, en mai et juin derniers, a fait un choix historique, que la Norvège a salué avec ferveur : en effet, la France a dit non au populisme, quel que soit sa couleur politique, et au repli sur soi ; elle a dit oui à l’ouverture sur le monde, et elle a dit oui à l’Europe. Dans un monde incertain, instable, imprévisible, la France est plus que jamais convaincue que son destin est inséparable de celui de l’Union européenne, seul à même d’assurer sa sécurité et sa prospérité. L’avenir de notre pays passe par la poursuite et l’approfondissement de la construction européenne. Fidèle aux valeurs qui sont celles de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789, comme celle de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unies de 1948, la France a dit oui à l’avenir. Elle espère bien ainsi accueillir à Paris les Jeux Olympiques en 2024.

Je voudrais enfin remercier tous nos sponsors qui ont contribué par leur générosité à cette célébration du 14 juillet 2017, et notamment : A la carte, Airfrance KLM, ALD Automotive, Peugeot, BNP Paribas, CGG, Engie E&P Norge, NAVAL GROUP, Renault RBI Norway, Sarrazac, Sebastien et Bruno, TechnipFMC,Total Norway, United Bakeries, Vinhuset Nofra, Pernod Ricard.

Det er meg en glede å kunne feire denne dagen med dere. Deres vennskap betyr mye for oss !

Vive la France, vive la Norvège, vivent les relations franco-norvégiennes.

Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Discours de M. l'Ambassadeur Jean-François Dobelle, 14 juillet 2017
Discours de M. l’Ambassadeur Jean-François Dobelle, 14 juillet 2017
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo
Célébration du 14 juillet 2017 à la résidence de France à Oslo

publié le 18/07/2017

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