L’art français à la Galerie nationale, 2e partie : la sculpture [no]

Le deuxième volet de notre série sur l’art français à la Galerie nationale est consacrée aux sculpteurs. Découvrez comment des œuvres d’Auguste Rodin et de Camille Claudel, entre autre, sont arrivées à Oslo au XIXe siècle.

Le musée des sculptures

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Antonin Carlès, "Abel Mort". (Kilde : Messel)

Saviez-vous qu’il existait pendant de nombreuses années un musée des sculptures à Oslo ? Il se trouvait au rez-de-chaussée des locaux actuels de la Galerie nationale, avant d’être fusionné avec cette dernière en 1903. Des moulages de sculptures romaines et de la Grèce antique constituaient la majeure partie des collections, mais suite au bond économique des années 1890, le musée a commencé à s’intéresser aux sculpteurs français. En 1893, la Galerie nationale a reçu un don de l’association Christiania Samlag for Handel og Brændevin, qui lui a permis de faire l’acquisition d’œuvres de sculpteurs renommés de l’époque : « Jeanne d’Arc à Domrémy », d’Henri Chapu, « Les premières funérailles » de Louis-Ernest Barrias, « Le chien blessé » d’Emmanuel Fremiet, et « Abel mort » d’Antonin Carlès. Il s’agissait de reproductions en plâtre de pièces exposées au Musée du Luxembourg, mais ces copies d’œuvres de renom ont suscité un grand intérêt du public.

Auguste Rodin à la conquête de la Galerie nationale

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Auguste Rodin, "Victor Hugo" (kilde : Messel)

Bien qu’à l’origine, les sculptures aient été exposées au musée qui leur était consacré, la Galerie nationale avait déjà acheté quelques pièces françaises. Le peintre norvégien Fritz Thaulow, installé à Paris, servait souvent d’intermédiaire entre les milieux artistiques norvégiens et français. Grâce à son ami Auguste Rodin, il a pu acquérir le moulage d’un buste de fillette, de Camille Claudel, et en faire cadeau à la Galerie nationale en 1897. Il s’agissait des premières sculptures étrangères du musée.

L’amitié qui liait Thaulow et Rodin fut bénéfique pour la galerie. Lors d’une exposition organisée par le peintre norvégien à Oslo en 1899, Rodin a présenté un « Monument à Victor Hugo ». En effet, il avait reçu pour mission de créer une statue de l’écrivain, et sa cinquième ébauche fut offerte à la Galerie nationale d’Oslo après avoir été exposée par Thaulow.

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Par la suite, l’arrivée de l’exposition itinérante, Udstilling af franske kunsteres arbeider, à la galerie Blomquist en 1898, a permis à la Galerie nationale d’acquérir de nouvelles reproductions de Rodin : « La danaïde » (sculpture en bronze, d’après un modèle en plâtre, et « Le penseur » (bronze).

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Les œuvres d’Auguste Rodin, Camille Claudel ou Constantin Meunier, qui ont connu leur heure de gloire dans les années 1870-1880, ont ensuite laissé la place à des sculpteurs plus modernes, et sont depuis entreposées dans les réserves de la Galerie nationale.

Le salon français

Il existe encore une collection de sculptures à la Galerie nationale, dans la salle française « Den franske sal », à droite du hall d’entrée. Cette pièce accueille également le café du musée, où les visiteurs peuvent déguster des plats inspirés de la gastronomie nordique et française, ainsi que des pâtisseries françaises.

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Cette pièce porte le nom d’une collection de sculptures du XVII et XVIIIe siècle, offerte à la Galerie nationale par la France dans les années 1920. Le style de cette salle, inaugurée en 1923, avait été inspiré par les influences baroques du château de Versailles, pour conférer à la pièce qui accueillerait les cadeaux français une atmosphère spécifique. Ainsi, l’architecte Arnstein Artsen, en charge du projet, avait veillé au moindre détail, en choisissant notamment du stuc marbre vert et des lys dorés. Les murs sont ornés de reliefs de Jean Goujon, « La fontaine des innocents, » exposée pour la première fois à Paris en 1547. (Photo). Devant les fenêtres, on retrouve également les bustes de trois personnalités historiques françaises : Pierre Mignard (peintre du château de Versailles, sculpture de Martin Desjardins), la reine Marie-Antoinette (sculptée par Félix Lecompte), et Le Grand Condé, duc d’Enghien (sculpture d’Antoine Coysevox). Les originaux de ces bustes sont exposés au Louvre, et la salle française est souvent décrite comme l’un des plus beaux restaurants d’Oslo.

La liste des sculptures évoquées dans cet article n’est pas exhaustive. Retrouvez les collections complètes de la Galerie nationale sur le site http://samling.nasjonalmuseet.no/en/

Pour découvrir l’histoire complète de l’art français à la Galerie nationale d’Oslo, nous vous recommandons la lecture de “Franske forbindelser. Kunst, kapital og konjunkturer i Norge rundt 1. Verdenskrig », publié en norvégien par Nils Messel en 2017. Le livre n’est pas traduit en français.

publié le 27/07/2018

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